vers la reconnaissance

Dignité

Personne ne devrait avoir à quémander pour subsister

Le système d’aide sociale actuel impose aux personnes dans le besoin de prouver leur misère pour obtenir de l’aide minimale. Ces processus stigmatisants, intrusifs, et souvent humiliants, brisent la confiance en soi, alimentent la honte et affaiblissent les liens sociaux.

En Europe, le non-recours aux prestations de revenu minimum est estimé entre 29 % et 57 %, notamment à cause de la complexité administrative et de la stigmatisation associée1.

Une allocation de subsistance change radicalement cette logique : elle repose sur la confiance, la reconnaissance de la valeur humaine intrinsèque et l’idée que chacun mérite de subsister avec dignité — sans condition, sans justification, sans humiliation.

expérience canadienne

🇨🇦 Mincome : vivre mieux, sans se justifier

L’expérience Mincome, menée à Dauphin (Manitoba) entre 1974 et 1979, a permis à tous les ménages sous un certain revenu de recevoir un revenu garanti. Cette expérience grandeur nature visait à observer les effets sociaux d’un revenu inconditionnel.

Résultats : une baisse significative des hospitalisations, surtout pour des troubles liés au stress, à la santé mentale et aux accidents. Le taux de décrochage scolaire a diminué, particulièrement chez les garçons.

En somme : la sécurité produit de la stabilité, et la stabilité permet de faire des choix — pour soi, sa famille, sa santé, sa communauté.

Pourquoi c’est important ?

La pauvreté n’est pas seulement une privation de revenu, mais une violence sociale et symbolique. Retirer la conditionnalité, c’est retirer l’humiliation. C’est reconnaître chaque personne comme digne, par défaut.

Résultats concrets

expérience internationale

🌍 Namibie : un village relevé par le respect

Entre 2008 et 2009, le village d’Otjivero en Namibie a reçu un revenu de base inconditionnel pendant 24 mois. Chaque habitant recevait 100 dollars namibiens (environ 13 $ CAD) par mois, sans condition.

Les résultats rapportés indiquent une réduction importante de la pauvreté et de la malnutrition, une hausse de la fréquentation scolaire et une baisse de certains délits5. Mais au-delà des chiffres, les témoignages évoquaient un changement de posture : les habitants marchaient la tête haute, prenaient des initiatives, créaient des micro-entreprises et participaient aux affaires locales.

Pourquoi c’est important ?

Le sentiment de dignité restauré ne vient pas seulement du revenu, mais du fait que cette allocation est universelle, sans jugement. On ne vous observe pas, on ne vous soupçonne pas : on vous fait confiance.

Résultats concrets

travail invisible et dignité ignorée

🧡 Reconnaître sans condition

Des millions de Québécois contribuent à la société sans recevoir de rémunération : soins aux enfants, aux aîné·es, à des personnes en situation de handicap, soutien communautaire, bénévolat. Ces formes de travail sont invisibles dans les statistiques économiques, mais essentielles au bon fonctionnement du Québec.

Une allocation de subsistance offre une reconnaissance symbolique et matérielle à celles et ceux qui accomplissent ce travail de soin. Elle rend possible l’autonomie de ces personnes, sans qu’elles doivent sacrifier leur sécurité économique.

Pourquoi c’est important ?

Actuellement, le filet social récompense principalement l’activité salariée. Ce biais renforce les inégalités de genre, marginalise les aidants naturels et accroît l’invisibilité des contributions non marchandes12.

La CEPAL souligne que certains programmes conditionnels peuvent renforcer le rôle de care des femmes et ajouter des contraintes de temps13.

Résultats concrets

References

  1. ISSA. 2022. Social security and human rights: ensuring access and combatting non-take-up of social benefits. https://www.issa.int/analysis/social-security-and-human-rights-ensuring-access-and-combatting-non-take-social-benefits↩︎ 1
  2. Fraser, Nancy. 2018. Recognition without ethics? In Theorizing the Contemporary. https://www.uplopen.com/en/chapters/e/10.7765/9781526137708.00011↩︎ 2 12 14
  3. Forget, Evelyn L. 2011. The Town with No Poverty: The Health Effects of a Canadian Guaranteed Annual Income Field Experiment, p. 295–298. https://nccdh.ca/images/uploads/comments/forget-cea_%282%29.pdf↩︎ 3 4
  4. Haarmann, Claudia & Dirk. 2009. The Basic Income Grant Pilot Project in Namibia, p. 2, 17–21. https://base.socioeco.org/docs/big_resource_book.pdf↩︎ 5 6 7 8 9 10 11
  5. CEPAL. 2012. Conditional transfer programmes perpetuate women’s role as carers. https://www.cepal.org/en/pressreleases/conditional-transfer-programmes-perpetuate-womens-role-carers↩︎ 13
  6. Standing, Guy. 2017. Basic Income: And How We Can Make It Happen, p. 215–216. https://www.rentabasicauniversal.es/wp-content/uploads/2018/09/Basic-Income_-And-How-We-Can-Ma-Guy-Standing.pdf↩︎ 15
quand la dignité devient structurelle

Projetons-nous

Imaginez un Québec où…

Ce que vos concitoyen·nes en disent

« J’ai pris soin de ma mère pendant 4 ans. Sans revenu. Sans filet. »

Sophie L.

« J’ai honte de faire une demande. C’est comme si je volais. »

Marc R.

« Ce n’est pas l’argent qui me manque le plus. C’est le respect. »

Rania K.

Avec une allocation de subsistance, un Québec plus digne est possible.