Solidarité
Et si on acceptait de subsister collectivement plutôt qu’individuellement ?
Notre société valorise l’autonomie individuelle, mais oublie souvent que personne ne s’en sort seul. Nous dépendons tous et toutes, à un moment ou à un autre, des autres : pour élever nos enfants, prendre soin des aînés, traverser une épreuve, apprendre ou rebondir.
Une allocation de subsistance reconnaît cette interdépendance. Elle ne remplace pas la solidarité, elle la rend possible. Elle libère du temps, du stress et de l’énergie pour prendre soin les uns des autres.
🤝 Tisser des liens durables
Dans un contexte d’isolement croissant, les liens sociaux se fragilisent. Les personnes seules, les nouveaux arrivants, les aînés ou les jeunes marginalisés peuvent se retrouver sans réseau, sans appui, sans relais.
Selon l’OMS, la solitude et l’isolement social sont liés à des facteurs comme le faible revenu et fragilisent la santé et la cohésion sociale1.
Une allocation de subsistance renforce la capacité des gens à s’impliquer dans leur quartier, à créer des espaces d’entraide, à offrir leur temps et leur écoute. Elle soutient les solidarités naturelles plutôt que de les épuiser.
Pourquoi c’est important ?
Les communautés fortes sont plus résilientes face aux crises. Mais elles ne naissent pas spontanément : elles demandent du temps, de la présence et de la disponibilité. Si la subsistance est un combat quotidien aucun de ces moyens de créer nous est accessible.
Résultats concrets
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Capital social renforcé
Au Malawi, un essai randomisé observe un effet positif des transferts sur la confiance et les dons, et au Zimbabwe un programme communautaire est perçu comme participatif et équitable, favorisant l’acceptabilité sociale et la participation collective34.
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Moins de stigmatisation
À Dauphin (Mincome), la conception du programme a réduit la stigmatisation associée aux revenus de remplacement5.
🧓🏼 S’occuper les uns des autres
Le soin — aux enfants, aux proches malades, aux aînés — repose souvent sur des personnes peu ou pas rémunérées, souvent des femmes. Ce travail relationnel et essentiel est pourtant au cœur du bien-être collectif.
Une allocation de subsistance permet de reconnaître et de soutenir cette contribution vitale. Elle permet de rester auprès d’un parent malade, d’un enfant vulnérable, sans être puni économiquement pour cela.
Pourquoi c’est important ?
La solidarité ne se délègue pas seulement à l’État. Elle se vit au quotidien, dans les gestes de soutien mutuel. Encore faut-il pouvoir s’y consacrer sans s’épuiser soi-même en multipliant les efforts pour survivre.
Repère
Le travail de soin est central dans la solidarité. Kittay rappelle notre « dépendance relationnelle » et l’importance sociale des activités de care, souvent invisibles dans l’économie marchande7.
References
- World Health Organization. 2025. Social connection linked to improved health and reduced risk of early death. https://www.who.int/news/item/30-06-2025-social-connection-linked-to-improved-heath-and-reduced-risk-of-early-death↩︎ 1
- Putnam, Robert. 2000. Bowling Alone: The Collapse and Revival of American Community. pp. 27–42. https://archive.org/details/bowlingalone00robe↩︎ 2
- Mesfin, Hiwot & Cecchi, Francesco. 2024. Cash Transfers and Social Capital: Evidence from a Randomized Controlled Trial in Malawi. Journal of African Economies. https://academic.oup.com/jae/article/33/4/411/7242549↩︎ 3
- Skovdal, Morten et al. 2013. Social acceptability and perceived impact of a community-led cash transfer programme in Zimbabwe. BMC Public Health. https://bmcpublichealth.biomedcentral.com/articles/10.1186/1471-2458-13-342↩︎ 4
- Calnitsky, David. 2016. More Normal than Welfare: The Mincome Experiment, Stigma, and Community Experience. Canadian Review of Sociology. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26890446/↩︎ 5
- Kittay, Eva Feder. 1999. Love’s Labor: Essays on Women, Equality and Dependency. pp. 22. https://www.taylorfrancis.com/books/mono/10.4324/9781315108926/love-labor-eva-feder-kittay↩︎ 6 7
Projetons-nous
Imaginez un Québec où…- Personne ne doit s’excuser d’aider un proche plutôt que de produire.
- Les quartiers vibrent d’initiatives citoyennes.
- L’entraide se pratique sans sacrifier sa qualité de vie.
- Les personnes vulnérables sont entourées plutôt qu’isolées.
- La solidarité est encouragée et facilitée par notre puissance collective.
- Et vous ? Que pourriez-vous donner aux autres si votre subsistance était assurée ?
Ce que vos concitoyen·nes en disent
« J’ai pu m’occuper de mon frère sans m’endetter. »
Nathalie G.
« J’ai enfin eu le temps de créer un groupe d’entraide dans mon immeuble. »
Abdoulaye S.
« La solidarité, ce n’est pas naturel quand on court après sa propre survie. »
Léa P.
Avec une allocation de subsistance, un Québec plus solidaire est possible.